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Mise à part que mon papa s'appel Jacques ou que parfois, il m'arrive de faire le jacques, Jacques c'est aussi le nom d'un remorqueur fluvial construit en 1904. il est considéré aujourd'hui comme monument historique depuis 1997.

Bien que la navigation soit passionnante, vous comprendrez très bien qu'on ne va pas parler de bateau sur ce blog et risquer de se prendre pour le maître du monde au côté d'un Léonardo Di Caprio sur le Titanic. J'avoue que parfois, dans ma cuisine, c'est le naufrage, mais quand même, pas au point de couler ! Il ne manquerait plus qu'à mettre du Céline Dion pour carrément s'y croire ; gare au mal de mer ! ^^

Venons en au fait.. Bon, je ne suis pas boulangère ni pâtissière, je ne suis qu'une simple auvergnate lambda passionnée par la cuisine et intéressée par l'histoire et l'origine de nos plats traditionnels qui ont souvent bercé notre enfance, celui de nos parents et même de nos grand-parents. Qui ne se souvient pas du doux parfum sucré d'une simple tarte aux pommes en train de cuire dans le four et préparé avec amour par maman (ou papa) pour le dessert du Dimanche ? Notre nez a de la mémoire, fermez les yeux, visualisez et sentez cette douce odeur chaude de pommes, légèrement caramélisées et parfumées qui se diffuse du four partout dans la cuisine... Rien que pour ça, on aurait presque envie de retourner en enfance !

Et notre nez d'auvergnat, de quoi ce souvient-il lui ? le mien se souvient en tout cas des bons chocolats chauds préparés à la casserole sur la gazinière après de grandes parties de luge endiablées dans le pré du voisin derrière la maison. Ce souvenir de rentrer dans la maison, nos vêtements tout mouillés, et nos bottes enneigées, de sentir cette odeur chaude de chocolat sera encré je pense pour toujours dans ma mémoire.

Quel est l'auvergnat d'ailleurs qui ne se souvient pas de cette bonne pompe aux pommes qui terminait avec bonheur nos repas familiaux ? (elle était autrefois dégustée lors des vendanges et des moissons pendant des repas festifs)  Ma mère pour l'occasion la préparait dans un très grand plat à tarte avec des pommes cueillies directement dans le verger d'un ami de mon parrain ; elles étaient conservées dans la cave pour rester au frais. Elle posait un grand fond de pâte brisée fait maison, coupait les pommes en lamelles et les parsemait de sucre et de quelques morceaux de beurre frais après les avoir disposé sur le fond de pâte recouvert ensuite par un autre disque de pâte soudé à l'autre. Elle terminait la pompe par une décoration faite avec les chutes de pâte en forme de fleurs ou de quadrillage. Pour avoir de la brillance et une belle croûte dorée, elle l'humidifiait d'un mélange de lait et de jaune d'oeuf et pour une bonne cuisson, elle faisait un trou dans lequel elle versait d'abord un peu de crème liquide avant d'y insérer une petite cheminée faite de papier aluminium et de l'enfourner environ 40/45 minutes (la cheminée est une étape indispensable dans la préparation d'une pompe aux pommes, car elle permet à la vapeur des pommes et des liquides de s'évaporer).

Et la vous vous dites... heu.... C'est bien beau tout ça, mais que vient faire Jacques dans cette histoire ? Si c'est de papa qu'on parle, rien... On va aussi laisser Céline Dion s'occuper de son René... Mais pour le reste, on y vient ! Internet est une source d'information inépuisable, on y trouve de tout, du bon, du moins bon, et aussi du n'importe quoi. Si comme je le dis dans la présentation de ce blog, les recettes peuvent se transmettre de générations en générations en y mettant chacun sa petite touche personnelle, parfois, on se rend compte que la recette pourtant si joliment écrite avec soin sur un cahier par mémé (ou mamie, ou mémère selon les régions) s'est perdue dans les méandres de la toile.

C'est là qu'on se rend compte que notre bonne vieille recette de pompe aux pommes est en train de faire le Jacques... Oui, encore lui ! ^^ Au fait, savez-vous ce que veut dire faire le Jacques ? En gros, c'est faire le nigaud... Mais alors ?! Pourquoi cette fameuse pompe aux pommes si chère à notre région, fait-elle le Jacques ? et surtout comment ?

A ce stade du billet, vous ne savez toujours pas ce que vient faire Jacques dans cettes histoire de pompe aux pommes. Un peu de patience, on y est ! Etant curieuse, j'aime bien flâner sur la toile pour dénicher des recettes à adapter et j'aime bien aussi voir comment sont faites les différentes versions de nos plats traditionnels français (pas spécialement de ma région). Donc en bonne auvergnate que je suis, j'ai eu envie de parcourir différents sites et blogs de cuisines pour voir comment le monde faisait la recette d'une bonne pompe aux pommes bien de chez nous. Et là, ce fut une surprise... J'ai découvert de belles pompes aux pommes mais pas seulement... certaines font bien le Jacques !

Un Jacques en fait, est en Auvergne, un grand chausson aux pommes. On le prépare un peu comme la pompe sauf qu'on utilise qu'un seul disque de pâte qu'on referme par dessus les pommes. On soude les bords et on enfourne. Outre la forme, la différence avec la pompe c'est qu'on le fait avec une pâte feuilletée (voir même une pâte à croissant - ref : Margaridou - journal d'une cuisinière au pays d'Auvergne de Suzanne Robaglia - édition de 1976 - première édition en 1935) et qu'il n'y a pas de cheminée pour laisser s'échapper la vapeur. Je me suis alors rendue compte que les gens ne savaient pas vraiment ce qu'était une pompe aux pommes. Sans tenir compte des ingrédients autres que des pommes, qui la garnissent (elle est souvent agrémentée d'alcool et de divers épices), soit, c'est une tourte aux pommes (donc sans cheminée) appelée Jacques, soit c'est un Jacques appelé pompe aux pommes, avec une cheminée (vue en vidéo dans une émission télévisée Midi libre diffusée il me semble en janvier 2014). Très souvent quand la pompe aux pommes est proche de ce qu'elle doit être, elle est préparée avec une pâte feuilletée (comme le Jacques) au lieu d'une pâte brisée et le trou de la cheminée pourtant indispensable à la pompe aux pommes, est la plupart du temps, aux abonnés absents.

Après avoir questionné mon papa pour savoir s'il connaissait le Jacques en Auvergne, j'ai appris que sa maman cuisinait elle aussi un plat qui portait le même nom que son fils. Seulement, comme il est auvergnat que d'adoption, son Jacques à lui vient de Bergerac dans le Périgord. De ses souvenirs d'enfance visiblement vagues, sa maman préparait une sorte d'omelette ou de crêpe épaisse qu'elle accommodait avec du pain d'épices. Finalement, le peu d'informations que l'on trouve sur le Jacques en naviguant sur internet concerne surtout notre grand chausson aux pommes auvergnat en conflit avec notre bonne pompe aux pommes. J'en conclu pour terminer ce billet, que d'autres régions autre que l'Auvergne, peuvent très bien posséder elles aussi, un Jacques à déguster et que tout n'a pas été divulgué sur la toile... Certaines recettes savent garder leurs petits secrets, mais ne vous inquiétez pas, je vous donnerais prochainement ma version d'une bonne pompe aux pommes !

Jacques, pommes, Auvergne

Pommes, gâteau, Auvergne